• Groupe de Liaison et d'Information Post Polio

Poliomyélite

Vaccination, propagation

De quand date le premier vaccin ?

La grande campagne d’essais commença le 26 avril 1954 aux USA. Randy, un gamin de 6 ans fut officiellement le premier vacciné, par le vaccin Salk.

Aux États-Unis, le succès de ce nouveau vaccin (tué/inactivé/injectable) fut annoncé officiellement en 1955.

En France, on a produit une variation du vaccin Jonas Salk faite par Pierre Lépine en 1954-1955.

La vaccination avec le vaccin Sabin (Albert Sabin) fut avalisée en juin 1961 aux USA avant d’avoir la licence pour l’utilisation publique générale. Après 1962, la demande du vaccin Sabin prit le dessus sur le Salk.

La vaccination devint obligatoire et gratuite en France en 1964.

Cette épopée de l’élaboration des vaccins fut riche en rebondissements.

Décompte des cas déclarés du poliovirus 2016

http://www.polioeradication.org/Keycountries.aspx

J’ai lu que Salk ou Sabin avait la polio. Est-ce vrai ?

Non, ils n’avaient la polio ni l’un  ni l’autre. Peut-être cette rumeur vient-elle du fait que Salk expérimenta sur lui-même, sa première épouse et ses trois fils, le vaccin qu’il avait mis au point. Il surveilla sa famille pendant plusieurs mois et aucun effet néfaste n’apparut.

Mes parents m’ont dit que j’avais attrapé la polio en mangeant du poulet. Est-ce possible ?

Les poliovirus se propagent par l’eau et les aliments souillés, plus rarement par l’air, mais surtout de personne à personne. Ils entrent par les voies aériennes (bouche surtout et nez un peu) et traversent les voies digestives. Pendant cette phase d’incubation, ils se multiplient (dans les formations lymphoïdes et parfois les cellules épithéliales) au niveau du pharynx et de l’intestin.

Il faut se méfier de la qualité de l’eau. Les selles vont à l’égout, les égouts aux rivières et certaines rivières alimentent des points d’eau. Le temps que met le poliovirus à passer d’un sujet à un autre est très court car il ne survit pas longtemps dans l’eau claire, encore moins dans les égouts ni hors de notre organisme dont il a besoin pour se développer. Le plus souvent, les poliovirus parcourent un trajet bien plus direct que la voie de l’eau, par le trajet bien plus direct que la voie de l’eau, par le trajet fécalo-oral. Le papier ou les linges laissent passer le virus. Une hygiène rigoureuse empêcherait ces virus abondants dans les selles de passer sur les mains.

Pour quantité de raisons, souvent sans y penser, on porte les mains à la bouche ou à celle des autres, pour manger ou donner à manger. Avec ses mains, on prépare la nourriture d’une famille ou celle d’une communauté ; c’est la façon directe de transmettre des virus ou des germes. Pendant les épidémies, seule l’eau fraîchement bouillie et manipulée avec des objets et des mains désinfectés peut être garantie sans virus, encore ne faut-il pas laisser l’eau se réinfecter avant l’emploi ! L’homme est le vecteur, et les mains, qui touchent successivement à tout, sont le premier véhicule des infections.

Les poliovirus peuvent aussi se transmettre d’une personne à une autre par embrassades ou simplement en se parlant face à face, mais pour la polio, cela est moins courant que par les selles et les mains. Les expectorations aussi sont pleines de germes. Les myriades de microgouttelettes que chacun répand en éternuant sont aussi source d’infection. Ces infections dites « volantes » peuvent se propager rapidement sur des distances considérables.

Il existe cependant des facteurs favorisants. Ils sont nombreux et coïncident souvent avec de malencontreux hasards. On peut les classer en facteurs « externes » et « internes ». Il n’est pas nécessaire que tous les facteurs soient  réunis pour déclencher la maladie, mais il faut tout de même plusieurs facteurs favorisants pour que la polio se développe.

Facteurs externes ou extrinsèques :

Le brassage des populations, l’excrétion par les selles et la contamination à l’environnement (eau, aliments en particulier), la chaleur et l’humidité par temps chaud, le contact avec un milieu à grande concentration de virus, le contact avec un objet infecté (mais le poliovirus ne survit que quelques minutes, en tout cas moins d’une heure à l’air, donc sur les objets), l’hygiène et la propreté, les animaux (les mouches par exemple), la négligence.

Facteurs internes ou intrinsèques :

Manque de capacité immunitaire (affections rhino-pharyngée concomitantes). Les amygdalites sont les plus citées des affections et la plaie fraîche de l’amygdalectomie serait même une entrée directe pour la poliovirus. Par contre, il n’entre jamais par une plaie externe.

Légère méforme physique ou autre infection latente parfois indécelable, réceptivité des cellules nerveuses (et donc inflammation de ces cellules du fait du manque de défense), la fatigue (qui est un facteur favorisant très important et détermine souvent l’étendue et la gravité de la paralysie). A ce stade, l’effort physique soutenu prolongé ou intense accentuera les paralysies.

On nous cache la vérité. Il y a encore des cas de polio tous les ans en France

Il est difficile de cacher la vérité puisqu’il est obligatoire de notifier les cas de polio.

C’est d’abord en Suède et en Norvège que cette mesure fut prise en 1905, puis aux USA en 1909 et en Grande-Bretagne en 1911. En France, cette notification est obligatoire depuis le 28 septembre 1916.

Dans notre pays, le dernier cas de polio autochtone remonte à 1989. Puis un autre cas, importé, fut déclaré en 1995. Entre 1979 et 1986, il y eut 11 cas associés au vaccin oral (six étant survenus après la première dose vaccinale et le risque avait été évalué à 3 sur 10 millions de doses). Aucun nouveau cas n’est apparu depuis 1986.

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