• Groupe de Liaison et d'Information Post Polio

Vaccination contre la poliomyélite – Déclaration du GLIP

« Ils sont 200 000 » titrait un film produit en 1956 par l’APF avec le concours de la sécurité sociale pour expliquer l’ampleur du problème de santé publique que posait la poliomyélite dans la 1ère moitié du XXème siècle.

Des documents de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) précisent que depuis l’introduction de la vaccination contre la poliomyélite dans le calendrier vaccinal français (1958 pour le vaccin inactivé de Salk ou Lépine et 1962 pour le vaccin oral de Sabin) et son caractère obligatoire en juillet 1964, le nombre de victimes de la poliomyélite a considérablement diminué. De 2000 nouveaux cas déclarés pour la seule année 1958, seuls 109 cas de poliomyélite ont été enregistrés entre 1977 et 1989.

Si le dernier cas de poliomyélite « autochtone » en France remonte à 1989, nous sommes encore 50 000 « survivants » en France. Car on ne guérit pas des séquelles et des paralysies que nous a laissées la maladie et dont nous continuons à souffrir. Nous sommes en quelque sorte la preuve tangible de l’existence de la poliomyélite, des dégâts humains qu’elle produit et de la nécessité de continuer à travailler à son éradication.

Si avec l’OMS nous espérerons que la fin de la polio sera prochainement à portée de main, un retour en force du fléau est toujours possible et nous en sommes inquiets avec raison. En effet, des foyers d’infection par la poliomyélite continuent d’exister sur le continent africain (Nigéria) et sur le continent asiatique (Afghanistan, Pakistan). Ces foyers de contagion existent dans des pays particulièrement instables sur les plans politique, social et sanitaire. La poliomyélite ne connaissant pas les frontières, le risque de propagation est bien réel. En 2015, 2 cas de polio ont été identifiés en Ukraine. En juin 2017, 3 nouveaux cas ont été signalés en Syrie. Dans le contexte de la crise des réfugiés et de la poursuite de la transmission du virus dans quelques régions du monde où le virus continue de subsister de manière endémique, il demeure un risque accru d’exportation de la poliomyélite vers des pays qui pensaient pourtant l’avoir éradiquée à grands renforts de financements publics.

Alors que la question des vaccinations obligatoires fait actuellement l’objet de discussions dans la sphère publique, notre association GLIP (Groupe de Liaison et d’Information Post polio) souhaite alerter les pouvoirs publics mais aussi l’ensemble des citoyen-ne-s sur les conséquences sanitaires qu’entrainerait l’abandon des activités de surveillance et d’immunisation contre la poliomyélite. Le maintien de dispositions vaccinales efficientes et sûres nous paraissent donc particulièrement nécessaires au niveau international, mais aussi et au moins tout autant en France.

Par conséquent, le GLIP demande à ce que la vaccination contre la poliomyélite garde son caractère obligatoire, dans la durée et fasse l’objet d’un taux de couverture vaccinale fort. Parallèlement, pour lutter contre l’inquiétante défiance de nos concitoyens à l’égard de la vaccination, nous proposons que soient développées des initiatives de sensibilisation et d’éducation de manière à renforcer la compréhension des risques et des répercussions de la poliomyélite, ainsi que la perception de la santé comme bien commun.

La vaccination est un acte de protection individuelle mais aussi un geste de solidarité. Car en se protégeant de la poliomyélite, on protège aussi les autres de cette maladie.